Pavillon Noir

CRÉATION 2018
– page en construction

Un collectif d’acteurs qui rencontre un collectif d’auteurs
Le collectif OS’O a proposé au collectif Traverse de travailler ensemble pour écrire un spectacle sur le thème de la piraterie, thème politique et poétique qui pose la question de notre démocratie. Qu’est-ce que la piraterie aujourd’hui ? Que ferait un groupe de pirates dans notre société pour essayer de la contrer et de la transformer ?
Ce processus de création est inédit et nous allons inventer des protocoles de créations. Une grande création collective où l’écriture influencerait le plateau et le plateau l’écriture. Comment ? En formant des duos un auteur pour un personnage, l’un et l’autre s’enrichissant mutuellement. Ainsi se construit une relation d’échange entre l’acteur interprétant le rôle et l’auteur qui l’écrit, le tout dans une pièce chorale et épique, où plusieurs personnages et plusieurs époques se confronteront.

On nomme « Pavillon noir » le drapeau hissé sur les vaisseaux pirates du XVIIème et XVIIIème siècles, généralement orné d’un crâne et de tibias croisés, pour effrayer leurs ennemis. Très présent dans les médias de culture populaire (cinéma, littérature, films d’animation…), nous associons ce symbole à une menace de mort, à la barbarie, à la débauche ; de même que les pirates sont associés généralement à leur bouteille de rhum, leur jambe de bois, et bien sûr, aux abordages sanglants des navires marchands, un perroquet juché sur l’épaule.

Marcus Rediker, historien de la piraterie, nous apprend qu’en réalité ces bateaux pirates constituaient un mode d’organisation beaucoup plus égalitaire que nous l’imaginons : élection et éviction du capitaine, décidées par tous, redistribution du butin et des biens de manière égalitaire, “rachat” des blessures et des morts par l’usage avant l’heure d’une caisse commune de sécurité sociale ; en somme chacun y a son mot à dire, sans se contenter d’être le débiteur d’un capitaine omnipotent.

Quels héritages ces pirates nous ont-ils légués ? Qui sont les pirates aujourd’hui ?

En écho à l’immensité de l’océan et de la liberté qui y règne – cet endroit de tous les possibles comme de tous les dangers – nous nous sommes penchés pour ce spectacle sur le Deep web, que d’aucuns préfèrent nommer Freedom net. Ce débat sémantique témoigne du conflit que cristallise cet espace immatériel, complexe et paradoxal. Un farwest numérique, lieu de lutte d’appropriation, de conquête.

Après nous être confrontés à des personnages historiques de la piraterie, comme Mary Read ou Anne Bonny, nos recherches nous ont menés aux grandes figures de la sphère internet, tels les lanceurs d’alertes Edward Snowden, Aaron Swartz, Chelsea Manning, qui contribuent, ou ont contribué à faire de cet espace un véritable territoire d’émancipation politique ; mais aussi à des organisations plus opaques, tel Anonymous.

Nous construisons un spectacle où réel et virtuel s’entrelacent pour fonder l’intrigue. Pour cela, nous sommes résolus à ne pas avoir recours aux outils technologiques associés à ce thème. La transposition de la virtualité au plateau sera notre média, considérant qu’il est par essence le lieu de la virtualité. La langue et les corps : voilà les outils qui dessineront les lignes de narration. C’est notre enjeu esthétique principal.

Pour ce faire, acteurs et actrices inventent au plateau une sorte de « bible » de signes propres à signifier l’immatériel, le passant, l’éphémère de la virtualité et la porosité de celle-ci avec l’expression du réel. Nous constatons combien cette approche est pertinente en terme de plateau et de dramaturgie. De plus, elle est génératrice de véritables innovations, tant du point de vue de la langue que des divers dispositifs scéniques. 

Nous sommes seize artistes d’une même génération, qui gardons en mémoire une enfance sans internet, où l’intimité ne s’exposait pas encore sur la toile, où la collecte des informations, à des fins marchandes ou sécuritaires, était loin d’être aussi massive et systématique. En tout cas, pas depuis la Seconde guerre mondiale…

À l’heure de la surveillance de masse, du recul des libertés individuelles, de la fin de l’anonymat, peut-on vraiment continuer de considérer les sociétés occidentales comme des démocraties ?

Nous estimons nécessaire de porter cette question sur scène, de faire théâtre de ces enjeux, et ce faisant, d’en dénoncer / annoncer les possibles dérives.


Un projet du Collectif OS’O écrit par le Collectif Traverse
Auteurs :
Adrien Cornaggia, Riad Gahmi, Kevin Keiss, Julie Ménard, Pauline Peyrade, Pauline Ribat & Yann Verburgh ; Acteurs : Jérémy Barbier d’Hiver, Moustafa Benaïbout, Roxane Brumachon, Bess Davies, Mathieu Ehrhard, Marion Lambert & Tom Linton ; Vigie/coordination artistique : Cyrielle Bloy & Baptiste Girard ; Scénographie : Ingrid Pettigrew ; Costumes : Aude Désigaux ; Maquillage : Carole Anquetil ; Création Lumières : Jérémie Papin ; Régie générale : Emmanuel Bassibé ; Musique : Martin Hennart

Production déléguée : le Collectif OS’O.
Coproductions : le Gallia théâtre – scène conventionnée de Saintes ; le Fonds de dotation du Quartz de Brest ; le TnBA – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine ; le Centquatre – Paris ; le Centre dramatique national de Normandie – Rouen ; Le Canal Théâtre du Pays de Redon – scène conventionnée pour le théâtre ; le Centre dramatique national de Tours – Théâtre Olympia ; le Phénix – scène nationale de Valenciennes, dans le cadre du CAMPUS, Pôle européen de création ; le Théâtre Jean Lurçat – scène nationale d’Aubusson ; la Scène nationale du Sud-Aquitain – Théâtre de Bayonne ; les Treize Arches – scène conventionnée de Brive ; Le Carré – Colonnes, scène conventionnée de Saint Médard-en-Jalles / Blanquefort ; l’OARA – Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine ; l’IDDAC – Institut Départemental de Développement Artistique et Culturel – Agence culturelle de la Gironde.
Projet soutenu par La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle ; la Direction Régionale des Affaires Culturelles – Drac Nouvelle-Aquitaine ; le Fonds de soutien à la création de la Mairie de Bordeaux ; le fonds d’insertion de l’éstba financé par la Région Nouvelle-Aquitaine, la SPEDIDAM.
Remerciements à l’équipage de la Recouvrance à Brest.
Production en cours : CNT et Adami.
Le Collectif OS’O est soutenu par le Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine ; le Conseil départemental de la Gironde et la Ville de Bordeaux.


DOSSIER SPECTACLE


RÉSIDENCES DE CRÉATION 2017-2018 :

Du 2 au 7 janvier 2017 au Centquatre, Paris (75)
Du 23 mars au 11 avril 2017 au Canal de Redon (35)
Du 28 août au 9 septembre 2017 à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (84)
Du 11 au 23 septembre 2017 au CDN de Rouen (76)
Du 04 au 22 décembre 2017 au TnBA, Bordeaux (33)
Du 03 au 17 janvier 2018 au Gallia théâtre de Saintes (17)

Création le 18 janvier 2018 au Gallia théâtre de Saintes (17)